Fondation - Séminaires 2006
"GLOBALISATION ET IDENTITES NATIONALES"
Berne, Kursaal, 29 avril 2006
Programme
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et prix
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"MULTICULTURALISME ET INTEGRATION"
Berne, Konservatorium, 13 mai 2006
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/ Collaborateurs
INTRODUCTION
Nous vivons actuellement des temps de globalisation et de
multiculturalisme. Ces phénomènes véhiculent la notion sous-jacente
d'identité collective et planétaire qui serait le fruit de
la cohabitation de tous avec tous. La globalisation nous donne
l'occasion de dialoguer à tous les niveaux ; le multiculturalisme
permet un échange et un enrichissement réciproque sans précédent.
Dans ce contexte, le dialogue, comme l'affirme Leonardo Boff,
se convertit en l'instrument de cohésion et de rapprochement
: par la reconnaissance mutuelle des interlocuteurs, le renoncement
à toute idée de domination ou de supplantation de l'autre
et par la garantie que tous peuvent participer en égalité
de droit, le dialogue établit les voies pour chercher et construire
des points communs à partir desquels surgit le consensus et
devienne possible la cohabitation dans le pluralisme culturel.
Le monde s'homogénéise, les frontières politico-économiques
disparaissent : on tend vers une unification dans tous les
sens. Dans le cas de l'Europe, peu à peu, l'identité nationale
au niveau des états s'estompe. Petit à petit, ce qui était
leurs symboles disparaît. La monnaie unique consolide son
implantation, la constitution européenne s'affirme. Déjà,
les décisions ne se prennent plus seulement à Madrid ou à
Paris, mais à Bruxelles et à Strasbourg et toujours suivant
des normes, des accords et des directives qui ont une portée
mondiale. Par ailleurs, le phénomène de l'émigration prend
de l'ampleur, créant des sociétés globales complexes dans
lesquelles le pluralisme et l'intégration ne doivent pas occulter
le respect de l'individu et la tolérance envers ceux, hôtes
ou migrants, qui ont un droit à la différence (croyances,
culture et coutumes) tout en étant égaux (citoyenneté, justice
et équité sociale).
Parallèlement, les identités nationales gagnent en force.
Elles sont une réaction contre une homogénéisation excessive.
Les individus se réfugient dans leurs traditions, dans leurs
croyances, dans tout ce qui les distingue, leur langue propre
et leur histoire, lesquelles deviennent des éléments identitaires
marquants. Et tout cela à un niveau différent de celui qui
était connu jusqu'à présent : ce ne sont plus les pays, ce
sont les autonomies, les cantons, les états fédéraux - les
Bretons au lieu de la France, les Catalans au lieu de l'Espagne
- qui expriment la volonté des individus. De nombreux citoyens
sont persuadés que leurs problèmes ne peuvent être résolus
à distance sur la base de critères généralistes. Ils sont
convaincus que la meilleure manière de gouverner un pays,
c'est en le pourvoyant d'organes de pouvoir proches du citoyen,
ayant un haut degré d'autonomie et connaissant la réalité
du terrain. Cette tendance réclame l'autodétermination des
entités régionales.
En Suisse, paradoxalement, cette réalité présente un double
aspect. D'une part, grâce aux accords bilatéraux, les liens
administratifs et économiques avec l'Europe et les autres
nations se trouvent consolidés. Mais en maintenant sa proverbiale
neutralité, bien qu'étant au centre de l'Europe, la Suisse
est toujours rétive à appartenir de plein droit à l'Union
Européenne. Cependant, cette manière de protéger son identité
en tant que pays ne lui évite pas l'émergence de nationalismes,
y compris, en certaines occasions exacerbées, au sein de sa
propre identité. La question jurassienne en est un bon exemple.
Avons-nous "l'obligation inexcusable de penser globalement
?" comme l'affirme Amelia Valcárcel? Le modèle actuel de globalisation
est-il valide ou, suivant l'opinion de Noam Chomsky, la globalisation
actuelle néolibérale est-elle "une forme d'intégration économique
internationale" que les "maîtres de l'univers" ont créée en
fonction de leurs propres intérêts, faisant que les intérêts
de la population en général deviennent secondaires ? Que signifient
les identités nationales dans un monde globalisé ? Jusqu'à
quel point ont-elles un sens ? Que représentent-elles politiquement
? Comment peuvent-elles se maintenir et jusqu'à quand pourront-elles
perdurer ?
De plus, quelles mesures les gouvernements doivent-ils prendre
et quelles attitudes doivent-ils adopter pour concilier ces
deux scénarios aussi divergents que sont l'internationalisation
du commerce, des finances, de la technologie, des communications,
la coordination macroéconomique, les nouvelles relations politiques
internationales et l'intégrité multiculturelle, avec l'émergence
de nouveaux nationalismes et le renforcement de ceux qui existent
déjà? Pourrons-nous, par le biais de l'éducation, de la mise
en place de politiques intégrées, au travers de la conscientisation,
du respect et de la tolérance, construire des sociétés multiculturelles
dans lesquelles tous cohabitent harmonieusement ? Quelles
avancées a faites l'Espagne et quel système la Suisse utilise-t-elle
pour vivre son multiculturalisme ?
Durant deux séminaires d'un jour, des personnalités importantes
du monde académique et politique présenteront leur point de
vue sur les questions que nous venons d'aborder. Conférenciers
et participants auront la possibilité de réfléchir ensemble,
de poser et de répondre aux questions dans le cadre de la
table ronde mise sur pied à l'issue de chaque session. Cet
échange de vues, cette recherche mutuelle représentent l'objectif
final que la Fondation s'est fixé depuis ses débuts : créer
le DEBAT.
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